Symptômes non moteurs dans la maladie de Parkinson : fardeau et rôle dans un prodrome potentiel

Parkinson's sufferers gathered for a game of checkers.

La maladie de Parkinson n'est pas simplement une maladie du cerveau, ni simplement un dérèglement de la dopamine, ni - et surtout pas - simplement un trouble du mouvement. Les symptômes moteurs peuvent n'être en fait que la partie visible de l'iceberg, a déclaré Ray Chaudhuri de l'Institut de psychiatrie, psychologie et neuroscience du King’s College de Londres (Royaume-Uni), lors d'une session conjointe de l'EAN (European Academy of Neurology) et de la Movement Disorder Society.

La maladie de Parkinson (MP) est une maladie multisystémique affectant la cognition, le tractus gastrointestinal (GI), la douleur, le sommeil, ainsi que les fonctionnements urinaire et sexuel. James Parkinson lui-même, dans son essai sur la paralysie agitante de 1817, avait démontré sa connaissance des problèmes non moteurs tels que la douleur et la constipation. Dans la MP clinique, ils représentent un fardeau supplémentaire majeur. Dans la phase précoce non traitée de la maladie, les symptômes non moteurs peuvent prédominer.

L'existence apparente d'une phase prodromique caractérisée par des symptômes non moteurs peut offrir des opportunités d'intervention, et partant, de prévention du développement d'un parkinsonisme classique. Les différents profils des symptômes moteurs et non moteurs entre les patients suggèrent en outre la nécessité d'un sous-typage au sein de la MP.

Les problèmes non moteurs sont fortement associés à une mauvaise qualité de vie.

 

De nombreuses sources de complexité

L'un des éléments de complexité réside dans le fait que les phénotypes moteurs eux-mêmes diffèrent en fonction des patients, et évoluent au fil du temps. Ainsi, un patient ayant une présentation initiale dominée par des tremblements peut développer une maladie caractérisée par une instabilité posturale, et vice versa.

La MP (Maladie de Parkinson) implique la substance noire, bien sûr, mais également le bulbe olfactif et le tronc cérébral inférieur, et à terme chez de nombreux patients, le cortex. Les déficits olfactifs semblent précéder les symptômes moteurs sur un intervalle pouvant aller jusqu'à 20 ans. La dénervation cholinergique a été impliquée, et la dégénérescence du système cholinergique prosencéphalique apparaît précocement dans l'évolution de la maladie.

L'acétylcholine semble associée aux symptômes cognitifs, du déficit léger à la démence. Jusqu'à 90% des patients atteints de Parkinson présentent une perte de cellules cholinergiques et 50% une perte de cellules sérotoninergiques. Cette dernière peut être associée à une dépression et à une fatigue, ainsi qu'à des dyskinésies.

Les taux de noradrénaline sont anormalement bas dans plusieurs régions du cerveau, et le dérèglement de la noradrénaline peut être associé tant à un dysfonctionnement du système nerveux autonome qu'à des troubles du sommeil.

Les symptômes non moteurs sont fréquents, sévères et hétérogènes. Dans la maladie déclarée, ils représentent un besoin majeur insatisfait. Dans la phase prodromique, leur identification offre des opportunités d'intervention précoce

 

Prise en charge en fonction des sous-types cliniques

Les nombreux domaines non moteurs pouvant être atteints – et il y en a jusqu'à dix – ont des implications sur le diagnostic, la prise en charge et le mode de conduite des études cliniques. Les patients diffèrent dans l'étendue des symptômes non moteurs et dans leur nature. S'il existe des sous-types clairement définis, notre prise en charge doit différer en conséquence. Une distinction potentiellement majeure s'établit entre les sous-types non moteurs, avec ou sans déficit cognitif.

Les sous-types peuvent refléter différentes neuropathologies, les symptômes dominés par des déficits cognitifs et une apathie étant plus particulièrement associés à une atteinte néocorticale, et les patients présentant des anomalies du sommeil prédominantes étant plus susceptibles d'avoir une pathologie du tronc cérébral. Les patients ayant une somnolence diurne excessive démontrent une faible captation du transporteur de la sérotonine dans les noyaux du raphé.

En résumé, les patients présentent différentes voies de développement du parkinsonisme.

Les symptômes non moteurs sont fréquents, sévères et hétérogènes. Dans la maladie déclarée, leur traitement constitue un besoin majeur insatisfait ; dans la réalité, la plupart des traitements existants sont approuvés uniquement sur la base de leur efficacité contre les symptômes moteurs.

 

Existe-t-il un prodrome de Parkinson ?

 

Les critères diagnostiques cliniques 2015 de la Movement Disorder Society retiennent la bradykinésie, les tremblements au repos et la rigidité comme symptômes majeurs de la MP, mais reconnaissent l'importance d'aspects non moteurs de la maladie. Les symptômes non moteurs sont considérés comme particulièrement importants dans le développement de critères séparés de la MP prodromique.

S'il existe un prodrome de Parkinson, l'idée – bien que controversée – pourrait représenter une chance d'intervenir de nombreuses années plus tôt

Si les symptômes non moteurs deviennent établis comme faisant partie d'une phase prodromique, leur identification peut offrir des opportunités d'intervention plus précoce – en supposant que nous puissions développer des agents modificateurs de la maladie potentiellement neuroprotecteurs et bien tolérés. La complexité liée à la définition des groupes à haut risque pour l'inclusion dans les études requises devra être traitée en utilisant des biomarqueurs non invasifs et des caractéristiques cliniques.

Une réserve dans l'attribution de ce rôle aux symptômes non moteurs réside dans le fait que les symptômes de ce type sont également très fréquents chez les personnes qui ne présentent pas - et ne présenteront jamais - de MP.

Cependant, de toute cette complexité se dégage un simple fait. Dans la mesure où l'âge de 65 ans représente la médiane d'apparition de la MP et où la population mondiale vieillit inexorablement, le nombre de personnes atteintes de MP devrait doubler d'ici 2030. La découverte de nouveaux moyens de traiter ce problème grandissant – et, idéalement, de le prévenir -- revêt une importance croissante.

Références

Report d'une session conjointe de l'EAN (European Academy of Neurology) et de la Movement Disorder Society des propos de Ray Chaudhuri de l'Institut
de psychiatrie, psychologie et neuroscience du King's College de Londres ( Royaume-Uni) rédigé par un correspondant de H.Lundbeck.

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