Dépression psychotique – De la biologie à la clinique

La dépression psychotique peut se développer en réponse à un événement traumatique majeur, tel qu’un deuil ou la perte dévastatrice d’un emploi, qui impacte la réponse biologique au stress et qui se manifeste par des taux élevés de cortisol et une augmentation de l’activité du gène du récepteur des glucocorticoïdes. L’expression clinique de ces changements biologiques inclut les caractéristiques psychotiques et neuropsychologiques de la dépression psychotique. Après avoir reçu le prix Judd Marmor pour sa contribution significative et durable à la psychiatrie, Alan Schatzberg, professeur en psychiatrie et sciences du comportement (Stanford University School of Medicine, Californie) et ancien président de l’American Psychiatric Association (APA) a partagé sa grande expérience sur la dépression psychotique lors du congrès de l’APA en 2018.

La dépression psychotique est une dépression accompagnée de symptômes psychotiques, que sont notamment :

  • Délires de culpabilité
  • Idées délirantes de punition méritée
  • Idées délirantes de pauvreté
  • Délire nihiliste
  • Délire somatique
  • Chez un tiers des patients, des hallucinations qui sont typiquement auditives et transitoires.

Le professeur Schatzberg a expliqué que la dépression psychotique se développe en réponse à un événement traumatique majeur, tel qu’un deuil ou la perte dévastatrice d’un emploi, qui affecte la réponse biologique au stress de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS). En dépit du traitement, elle est associée à un taux de mortalité élevé.

La dépression psychotique est relativement fréquente

La dépression majeure psychotique touche quatre personnes sur 1 000

Le professeur Schatzberg a étudié la prévalence de la dépression psychotique en 20021. Parmi 18 980 sujets issus de cinq pays européens, la prévalence de la dépression majeure était de 2,4%, et 19% de ces sujets présentaient des caractéristiques psychotiques ; ce qui signifie que la prévalence de la dépression psychotique était de 0,4%1.

Cependant, le professeur Schatzberg a indiqué qu’elle est souvent mal diagnostiquée, car les patients cachent leur pensées (délires) ou ne veulent pas les partager.

Les taux de cortisol sont élevés dans la dépression psychotique

La psychose est associée à des taux élevés de glucocorticoïdes

Il y a plus de 35 ans, en utilisant le test de freinage à la dexaméthasone, le professeur Schatzberg et ses collègues ont étudié les taux de cortisol plasmatique en fin d’après-midi chez 31 sujets témoins et 34 patients souffrant de psychose.

Ils ont observé que les taux de cortisol étaient significativement plus élevés chez les patients souffrant de dépression psychotique que chez les sujets témoins ou que chez les patients atteints de psychose associée à une dépression bipolaire ou une schizophrénie2.

Le professeur Schatzberg a expliqué que des recherches plus récentes ont démontré que les glucocorticoïdes régulent l’ADN, la transcription et les ARNm. Ils touchent environ 20% du génome humain exprimé et ont des effets sur la quasi-totalité des organes et des tissus3. Il a également ajouté que des taux élevés de glucocorticoïdes sont connus pour être responsables de psychoses.

La dépression psychotique est associée à des déficits cognitifs

La dépression psychotique est associée à des déficits cognitifs

Le professeur Schatzberg a indiqué que les déficits neuropsychologiques majeurs présents dans la dépression non psychotique concernent l’apprentissage, la mémoire déclarative verbale, la mémoire visuelle et la perception visuo-spatiale, l’attention, les fonctions exécutives et l’inhibition des réactions.

En 2002, ses collègues et lui-même ont suggéré que leurs données montrant une altération significative de l’attention, des réactions et de la mémoire déclarative verbale dans la dépression psychotique démontraient une altération de la pensée dont les médiateurs sont le cortex frontal et les lobes temporaux médians4.

L’activité du gène du récepteur des glucocorticoïdes est renforcée dans la dépression psychotique

Le génotype du récepteur des glucocorticoïdes contribue à la sévérité de la psychose

En 2014, le professeur Schatzberg et ses collègues ont exploré les relations entre variations génétiques de l’axe HHS, cortisol et psychose, dans la dépression majeure5.

Parmi 40 patients atteints de dépression psychotique, 26 patients avec une dépression non psychotique et 29 sujets témoins en bonne santé, la variation allélique du gène du récepteur des glucocorticoïdes était responsable d’une variance significative des taux de cortisol moyens. En outre, les génotypes du récepteur des glucocorticoïdes et du récepteur de type 1 de la corticolibérine (CRHR1) contribuaient significativement au degré de psychose, tandis que le CRHR1 contribuait significativement à la sévérité de la dépression5.

Pour conclure, le professeur Schatzberg a indiqué que cette compréhension de l’activité renforcée du gène du récepteur des glucocorticoïdes dans la dépression psychotique pouvait offrir une opportunité thérapeutique. Toutefois, des recherches complémentaires sont requises pour illustrer un effet clinique significatif.

Références
  1. Ohayon MM, Schatzberg AF. Am J Psychiatry 2002;159:1855-61.
  2. Rothschild AJ, Schatzberg AF, Rosenbaum AH, Stahl JB, Cole JO. Br J Psychiatry 1982;141:471-4.
  3. Chrousos G, Kino T. Sci STKE 2005(304):pe48.
  4. Schatzberg AF, Posener JA, DeBattista C, Kalehzan BM, Rothschild AJ, Shear PK. Am J Psychiatry 2000;157:1095-100.
  5. Schatzberg AF, Keller J, Tennakoon L, Lembke A, Williams G, Kraemer FB, Sarginson JE, Lazzeroni LC, Murphy GM. Mol Psychiatry 2014;19:1151.
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