Quelle quantité d’alcool peut-elle être définie comme excessive ? Questionner, évaluer, conseiller et assister

L’Institut national sur l’abus d’alcool et l’alcoolisme des États-Unis (NIAAA) a publié de nouvelles recommandations basées sur les preuves à l’intention des patients et des médecins. Michael Fleming, de l’Université Northwestern de Chicago, aux États-Unis, a présenté quelques éléments clés de ce document aux participants à cette session.

 

Chez les hommes, la consommation de plus de 14 verres par semaines augmente le risque au-delà de la limite de risque faible, tandis que chez les femmes, la consommation devient excessive au-delà de 7 verres. Boire 1 à 2 verres par jour n’est probablement pas excessif, mais 3 à 4 verres constituent déjà un excès. Lorsque cette quantité est dépassée, la courbe dose-réponse entre la consommation d’alcool et les différents dégâts qu’elle peut provoquer, dont la mort violente, la cirrhose et la dépression, commence progressivement à s’élever.

Comparativement aux beuveries, ou épisodes de consommation massive, la consommation quotidienne de petites quantités d’alcool pourrait s’avérer plus préjudiciable.

Le rôle essentiel de la psychiatrie

Dans le cas des patients psychiatriques qui en sont à la phase aiguë du traitement, l’abstinence complète d’alcool est recommandée, a indiqué le Dr Fleming. Durant la phase stable, une consommation modérée, ne dépassant pas les limites fixées, pourrait être acceptable. Mais chez les patients en dépression, la consommation excessive d’alcool contribue de façon notable à l’absence de réponse et devrait être abordée au moins par une intervention brève. Cette intervention comporte un volet de conseil de courte durée, fondé sur la communication, la confiance et l’empathie. Des preuves solides indiquent que ce type d’entretiens relativement brefs peut exercer un impact considérable sur la consommation d’alcool et la santé psychiatrique en général.

Dans la pratique courante, les psychiatres sont préparés à identifier et traiter les problèmes d’alcoolisme. La relation thérapeutique offre la possibilité d’entretenir des échanges qui, pour la plupart des patients, seraient difficiles à mener dans un autre cadre. Mais la prévalence du trouble du comportement alimentaire (TCA) ne doit pas être sous-estimée. Environ soixante-dix pour cent des américains ne boivent pas ou le font sans dépasser les limites d’une consommation sans risque, et vingt pour cent dépassent ces limites mais ne remplissent pas les critères du TCA. Sur les 10 % restants qui répondent aux critères, le TCA n’est diagnostiqué que chez une personne sur dix.

Il convient de souligner la relation qui existe entre la consommation d’alcool et les problèmes de santé mentale. Si la consommation du patient baisse, nous serons plus à même de parvenir à résoudre son problème.

Pour le Dr Fleming, la question la plus importante à formuler lorsque l’on évalue un homme est la suivante : « Combien de fois a-t-il bu plus de cinq verres par jour au cours du mois dernier ? », et s’il s’agit d’une femme, quatre verres par jour.

Dans la majorité des cas, la réponse n’est pas préoccupante et l’on peut passer à d’autres questions. Mais si la réponse suggère que la personne pourrait avoir un problème avec l’alcool, il convient d’utiliser le questionnaire AUDIT.

Cet outil, dont le nom complet est « Test d'identification des troubles liés à l'abus d'alcool », peut être complété en cinq minutes environ. Il analyse la consommation d’alcool, l’absence de contrôle, le sentiment de culpabilité par rapport à la boisson, la consommation matinale, les conséquences préjudiciables telles que la perte de mémoire ou la survenue de blessures, et le fait de savoir si d’autres personnes se sont inquiétées de la consommation d’alcool du patient et lui ont conseillé de la réduire.

La majorité des participants utilisaient des tests pour le dépistage de l’alcoolisme dans le cadre de leur pratique clinique courante. 

Biomarqueurs

L’analyse de la fonction hépatique ne s’avère généralement pas utile dans ce contexte.

L'éthyle glucuronide (EtG) est un métabolite de l’alcool qui peut être analysé dans l’urine, dans les cheveux ou dans les ongles. Il s’agit d’un test extrêmement sensible, peut-être même trop puisque les faux positifs constituent un problème, à moins d’utiliser le seuil adéquat. L’analyse du phosphatidyléthanol, un phospholipide qui se forme dans la membrane érythrocytaire, exige un échantillon de sang complet obtenu par prélèvement capillaire. Ce test est capable de détecter la consommation d’alcool sur les 30 jours antérieurs environ, et il est associé à un risque faible de faux positifs.

 

Références

Article rédigé par un correspondant de H.Lundbeck

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